Les polices d’apprentissage de l’écriture relèvent de diverses catégories. Certaines sont destinées à élaborer des exercices scolaires, d’autres à faciliter l’acquisition de l’écriture par la lecture, et certains dessinateurs de caractères s’adressent au public des parents voulant faire progresser leurs enfants ou même aux adolescents et adultes désireux de corriger ou améliorer leur écriture manuscrite. Pour beaucoup, ces « polices de cahier » sont encore synonymes d’écriture élégante, décorative, comme l’écriture cursive dite anglaise, ou scripte, des plans d’architecture. La décision du ministère français de l’Éducation de doter les établissements scolaires de polices destinées à faciliter la fluidité de l’écriture et la prise de notes donne l’occasion de s’intéresser à quelques unes de ces polices du groupe des écritures dites latines. D’abord conçues pour que les élèves puissent reproduire l’écriture des employés aux écritures ou des fonctionnaires, les polices plus récentes ont d’autres visées pédagogiques et cherchent moins à plaire qu’à faciliter l’acquisition dirigée ou l’auto-apprentissage de l’écriture. Nous avons tenté de départager ces polices et de nous interroger : leur évolution dépendra-t-elle de celles des nouveaux procédés de reconnaissance optique de l’écriture et de la création de polices optimisées pour l’affichage sur les écrans ? Le futur ductus « correct » sera-t-il influencé par l’évolution technique ?
Auteur : Jef Tombeur