Il faut de tout pour faire un monde. Les alphabets artificiels ou synthétiques sont multiformes et peuvent être rangés sous diverses catégories généralement ignorées des classifications typographiques ; même la sous-catégorie des polices non-latines n’en tient pas vraiment compte. Ils pourraient être qualifiés de polices « à destination spéciale » mais le seul usage qu’un graphiste pourrait en faire serait de composer du faux-texte tel l’omniprésent lorem ipsum dolor. Certains de ces alphabets ambitionnent de se substituer aux polices latines, en particulier pour transcrire la langue anglaise et en simplifier l’écriture, voire la prononciation. D’autres sont destinés à la recherche linguistique, ou à doter des mondes virtuels de langues écrites. Enfin, il peut s’agir encore de tentatives purement formelles, graphiques, artistiques. Il peut paraître farfelu d’accorder une telle attention à ces alphabets excentriques. Mais qui peut présager du futur ? L’écriture actuelle est la résultante d’une longue sédimentation ; qui pourrait affirmer qu’elle est définitivement figée, sans qu’aucune évolution minime ou radicale ne puisse plus jamais se produire ?
Auteur : Jef Tombeur